01 De l’engagement politique à l’annonce présidentielle
Ancienne enseignante, connue notamment pour ses chroniques télévisées et la direction de la rédaction de Marianne, Natacha Polony présente sa candidature comme le passage du commentaire à l’action. Elle avait toutefois déjà participé à une campagne électorale avant sa notoriété télévisée. Agence France-Presse (AFP), 14 octobre.
- 9 juin 2002. Candidate du Pôle républicain dans la 9e circonscription de Paris, elle obtient 803 voix, soit 2,24 % des suffrages exprimés. Cette formation soutient Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre issu du Parti socialiste, passé notamment par l’Éducation nationale et l’Intérieur. Résultats officiels ; notice du ministère de l’Intérieur.
- 28–31 août 2026. Dans Le Parisien, puis sur RTL, elle présente une démarche destinée aux électeurs sans représentation politique à leur convenance. Elle envisage une candidature à la présidentielle, sans encore l’annoncer. Récapitulatif d’Acrimed, association de critique des médias, 7 septembre ; RTL, 14 octobre.
- 17 et 29 septembre. Son association de financement électoral est déclarée le 17 à la préfecture de police de Paris ; l’annonce paraît au Journal officiel le 29. La date de publication ne doit donc pas être prise pour celle de la déclaration. Notice officielle n° 2141.
- 6 octobre. Sur Sud Radio, elle développe ses propositions pour l’école, dont une hausse de 20 à 30 % du salaire des enseignants liée à une réorganisation de leur travail. Compte rendu de l’entretien.
- 14 octobre. Invitée du journaliste Benjamin Duhamel sur France Inter, elle annonce sa candidature et dit vouloir gagner l’élection. L’entretien porte sur ses appuis, les parrainages et le financement de ses propositions. Elle diffuse aussi une déclaration sur son site. France Inter ; publication de campagne.
- 15 octobre. Elle effectue son premier déplacement de campagne au Salon de l’automobile, à Paris, et y défend la protection des filières industrielles. Reportage de l’AFP.
02 Qui veut-elle rassembler ?
Le nom du mouvement, Nous sommes la France, exprime une ambition de rassemblement autour de la nation. Polony entend associer défense des services publics, production sur le territoire, transmission des connaissances et capacité du pays à décider de ses choix. Le terme « souveraineté », souvent employé pour présenter sa ligne, désigne cette capacité de décision. Son parcours auprès de Chevènement précède cette candidature ; sa démarche actuelle vise à élargir ses appuis au-delà de cette famille politique. Ma vision pour la France ; L’Internaute, analyse du 14 octobre.
Un premier soutien organisé est identifié : Vincent Guibert, président de La France Républicaine et solidaire, issue de L’Engagement d’Arnaud Montebourg. Ancien ministre du Redressement productif, Montebourg avait fait de la fabrication en France un axe de son action. Guibert annonce à l’AFP d’autres ralliements possibles, notamment de mouvements venus de gauche et de droite ; leur réalisation reste à confirmer. AFP, 14 octobre ; repère sur les fonctions de Montebourg.
Polony revendique 60 000 personnes ayant rejoint sa démarche. Ce total ne s’accompagne pas, dans les pièces consultées, d’un décompte permettant de distinguer inscrits, militants et adhérents. Il décrit la mobilisation annoncée par la candidate. France Inter, 14 octobre.
Pour justifier l’existence d’un espace politique disponible, son texte de campagne avance aussi que 53 % des Français ne se reconnaissent pas dans l’offre existante et que 17 millions jugent le vote inutile. Malgré les recherches menées, l’enquête d’origine, ses questions et sa méthode n’ont pas été identifiées. Ces chiffres restent donc non vérifiés dans cette édition. Texte de campagne.
La mobilisation des citoyens et la qualification électorale répondent à deux règles différentes. Pour figurer au scrutin, elle devra notamment obtenir au moins 500 présentations d’élus habilités, venant d’au moins trente départements ou collectivités d’outre-mer, avec au plus cinquante d’un même territoire pour les cinq cents nécessaires. Le Conseil constitutionnel contrôle les présentations et établit la liste officielle. La candidate fait état de messages favorables de maires, sans donner de total de promesses dans l’entretien du 14 octobre. Ministère de l’Intérieur, réponse du 17 juin 2025 ; France Inter.
03 Quatre priorités pour relier économie, école et démocratie
Produire les biens jugés essentiels
Polony veut que l’État définisse les filières essentielles et oriente les investissements vers elles. Ses textes citent l’énergie, l’alimentation, les médicaments et les technologies. L’objectif est de réduire les dépendances qui peuvent empêcher le pays de se soigner, de se nourrir ou de se défendre. Elle fixe un horizon de dix ans à la reconstruction industrielle. Ma vision pour la France.
Ce projet ne porte pas seulement sur les usines : il inclut les agriculteurs et les savoir-faire, ainsi que la protection des terres agricoles, des paysages et de la biodiversité. La candidate présente ainsi l’indépendance matérielle et la préservation du territoire comme des objectifs liés. Les modalités et les arbitrages entre ces objectifs restent peu détaillés dans les textes examinés. Mes principes.
Revaloriser les enseignants et revoir leur travail
Sur Sud Radio, elle donne la priorité à l’école primaire, à la formation des enseignants et au soutien de leur autorité. Elle propose une hausse salariale de 20 à 30 %, en échange d’une organisation qui reconnaîtrait les différentes missions éducatives, au-delà des seules heures devant les élèves. Entretien du 6 octobre.
Sur France Inter, Benjamin Duhamel avance un coût de 10 à 15 milliards d’euros par an. Pour éprouver cette estimation, il faut rapprocher les effectifs de la rémunération brute, qui inclut les cotisations payées par les salariés. Le service statistique du ministère de l’Éducation nationale, la DEPP, recense près de 890 000 enseignants en 2023, dans le public et le privé sous contrat. Leur salaire brut mensuel moyen est de 3 520 euros, titulaires et contractuels réunis. Panorama statistique, figures 1.4 et 7.3 ; entretien, de 6 min 16 à 8 min 26.
Une hausse de 30 % : environ 11 milliards par an de salaires bruts supplémentaires
Scénario à effectifs et salaires de 2023 constants · enseignement scolaire public et privé sous contrat
Soit une masse salariale brute reconstituée d’environ 37,6 milliards d’euros par an.
Salaires bruts supplémentaires, hors cotisations employeur. Calcul d’ordre de grandeur, pas masse salariale comptable ni prévision pour 2027. Source : DEPP, Panorama 2024–2025, p. 17 et 193–194 ; calcul Facta.
Pour une hausse générale de 30 %, l’ordre de grandeur de dix milliards annuels est donc bien retrouvé : le seul supplément de salaires bruts atteint environ 11,3 milliards. À 20 %, il serait d’environ 7,5 milliards avant cotisations employeur. Le coût pour l’État doit intégrer ces cotisations ; son solde pour l’ensemble des administrations dépend aussi des impôts et prélèvements récupérés. La fourchette de 10 à 15 milliards évoquée à l’antenne est compatible avec l’échelle de la mesure, mais ses deux bornes ne sont pas validées par ce calcul.
Comment le coût est calculé, et ce qui peut le faire varier
La DEPP dénombre 888 612 enseignants au 30 novembre 2023, arrondis ici à 890 000. Le salaire brut mensuel moyen de 3 520 euros comprend les temps partiels et les contractuels. Le scénario donne : 890 000 × 3 520 × 12 = 37,5936 milliards d’euros, puis × 20 % = 7,51872 milliards et × 30 % = 11,27808 milliards. Avec l’effectif non arrondi, les résultats restent 7,5 et 11,3 milliards à cette précision. DEPP, figures 1.4 et 7.3.
Un effectif à une date donnée et une moyenne individuelle ne reconstituent pas exactement les durées d’emploi sur l’année. Mayotte est exclue du champ salarial mais incluse dans le recensement du public. L’enseignement supérieur, agricole et les personnels non enseignants sont exclus. Ce repère de 2023 n’est pas une estimation actualisée de la masse salariale de 2027.
Une hausse du traitement de base seul, une prime, une hausse du net, un ciblage sur le primaire ou un calendrier progressif changeraient le résultat et les cotisations. Aucun taux forfaitaire de cotisations employeur n’a été ajouté : il dépend notamment du statut et de la forme de rémunération. Les documents budgétaires distinguent notamment les rémunérations d’activité et les cotisations de l’État, dont ses versements pour les retraites des fonctionnaires. Exemple : rapport d’exécution 2025 du premier degré public. Un coût brut pour le budget de l’État et un coût net pour l’ensemble des administrations ne sont donc pas interchangeables.
La note DEPP d’août 2026 donne un salaire net moyen de 3 090 euros pour les fonctionnaires ou assimilés en 2024, en hausse de 4,3 % après inflation. Elle exclut les contractuels et signale des changements méthodologiques. On ne peut donc pas remplacer le brut de 2023 par ce net, ni lui appliquer mécaniquement cette évolution pour actualiser tout le calcul.
Consulter les citoyens et prévenir les conflits d’intérêts
La candidate défend un recours régulier au référendum et le respect de son résultat. Son site propose aussi un « cahier de doléances » où les participants peuvent décrire un problème et soumettre une solution. C’est un outil de contribution au projet ; les propositions qui y sont déposées ne deviennent pas automatiquement des engagements de la candidate. Mes principes ; présentation du cahier.
Elle souhaite également protéger les lanceurs d’alerte et encadrer davantage les passages entre fonctions publiques stratégiques et entreprises privées. Le risque visé est celui d’une décision publique influencée par une perspective de carrière ou un intérêt privé. Un contrôle existe déjà : la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique examine notamment des déclarations d’intérêts et certaines reconversions professionnelles. Le projet devra préciser quels contrôles ou interdictions supplémentaires il introduirait. Texte de campagne ; présentation des missions de la Haute Autorité.
Défendre une diplomatie indépendante
Ses textes défendent une France capable de dialoguer avec toutes les grandes puissances et de décider de ses engagements selon ses intérêts et ses principes. Ils associent cette liberté diplomatique à des capacités industrielles et de défense. Au Salon de l’automobile, elle demande aussi que la France fasse davantage valoir ses intérêts en Europe. Ce propos n’explicite pas la manière dont elle compte modifier les règles européennes qui limiteraient son projet. Ma vision pour la France ; AFP, 15 octobre.
04 Réorienter l’argent public : ce qui est établi et ce qui reste à chiffrer
Une fragilité industrielle mesurable, avec des évolutions différentes selon les secteurs
Le recul industriel de longue durée est documenté. Une synthèse de France Stratégie, organisme public d’analyse des politiques publiques, publiée en 2020 recensait 2,2 millions d’emplois perdus dans les branches industrielles depuis 1980. Les données récentes éclairent une autre échelle de temps : de juin à août 2026, la production manufacturière — la fabrication de biens — baisse de 1,2 % par rapport aux mêmes mois de 2025. France Stratégie, 2020 ; Insee, 6 octobre 2026.
| Périmètre | Évolution |
|---|---|
| Industrie manufacturière | −1,2 % |
| Fabrication de matériels de transport | −5,0 % |
| Industries extractives, énergie et eau | +3,5 % |
Source : Insee, indice de la production industrielle, données corrigées des variations saisonnières et du nombre de jours travaillés. Les matériels de transport sont inclus dans l’industrie manufacturière ; les lignes ne s’additionnent pas.
Ces différences comptent : la situation d’un secteur ne décrit pas celle de toute l’économie. La comparaison récente mesure des quantités produites ; elle ne mesure ni le nombre d’emplois ni la dépendance du pays à un fournisseur étranger.
Acheter une production française : une question d’origine, de coût et de droit
Polony veut utiliser les achats de l’État, des collectivités ou des hôpitaux pour donner des débouchés aux producteurs installés en France. Le lieu de fabrication doit être distingué de la nationalité de l’entreprise : une société étrangère peut produire en France, tandis qu’une entreprise française peut importer les produits qu’elle vend. Le rapport d’Yves Jégo, ancien ministre chargé d’une mission sur l’origine des produits, souligne précisément cette distinction. Rapport de mai 2025, p. 29–30.
Ce rapport rappelle aussi qu’une préférence nationale générale dans les marchés publics se heurte aux règles européennes de non-discrimination et de circulation des marchandises. Les acheteurs peuvent néanmoins retenir des exigences environnementales, sociales ou de sécurité d’approvisionnement, dans les conditions applicables au marché. Des restrictions envers certains fournisseurs extérieurs à l’Union existent également selon les accords et les secteurs. Favoriser une offre répondant à ces exigences et réserver systématiquement un achat à la France sont deux dispositifs différents. Rapport Jégo, p. 29–30 ; direction des affaires juridiques du ministère de l’Économie ; guide des marchés dans les industries de réseaux.
Le résultat économique dépend ensuite du contrat. À qualité et service comparables, un achat français peut être moins cher, aussi cher ou plus cher. Si une offre coûte 110 euros au lieu de 100, les 10 euros supplémentaires doivent être mis en regard des bénéfices attendus : activité réellement créée en France, sécurité de livraison et recettes publiques. Le montant du contrat ne devient pas une recette fiscale ; la part importée des composants et les dépenses nouvelles influencent aussi le bilan.
Ce que recouvrent les 200 milliards d’aides aux entreprises
La candidate propose de supprimer les aides qui ne sont pas liées à une production en France et de réduire les cotisations des employeurs et des salariés, ces prélèvements qui financent la protection sociale. Les plus de 200 milliards évoqués ont un appui documentaire : une commission d’enquête du Sénat estime les aides à au moins 211 milliards pour 2023, selon une définition large. Ce recensement additionne des soutiens de natures différentes. France Inter, de 9 min 24 à 10 min 20 ; rapport sénatorial de juillet 2025.
Ce que recouvrent les 211 milliards recensés
France · estimation du Sénat pour 2023 · milliards d’euros courants
- 88 milliardsRéductions et règles d’impôt comptées comme des aides
- 75 milliardsRéductions de cotisations sociales
- 41 milliardsFinancements de Bpifrance, banque publique d’investissement
- 7 milliardsSubventions : des versements directs
Les quatre postes totalisent 211 milliards. Ils mesurent des soutiens de natures différentes, pas une somme intégralement récupérable. Source : DG Trésor, avril 2026, p. 3, d’après le Sénat.
Une subvention est une dépense versée ; un avantage fiscal réduit un prélèvement ; un prêt doit normalement être remboursé. Leur suppression n’a donc pas le même effet sur les comptes publics. La liste des aides concernées, leurs bénéficiaires et les engagements déjà pris doivent être connus avant de chiffrer les ressources disponibles.
Exemples de mécanismes, sans rendement chiffré du programme : Sénat et DG Trésor, avril 2026, p. 3 et encadré 2.
Pourquoi les estimations vont-elles de 88 à 211 milliards ?
Les 88 milliards de l’Inspection générale des finances pour 2022 sont un autre recensement que les 88 milliards fiscaux du graphique. L’Inspection, qui évalue les finances publiques, retient une définition plus étroite : elle exclut notamment les réductions générales de cotisations et le montant nominal des financements de Bpifrance, mais inclut certaines compensations de service public. La différence avec les 211 milliards du Sénat ne mesure donc ni une hausse des aides ni une réserve supplémentaire. Présentation de la comparaison par la DG Trésor ; étude complète, p. 3.
Pour 2023, le Sénat obtient lui-même 108 milliards dans un périmètre plus restreint, après retrait des interventions de Bpifrance, de certains avantages de TVA et des règles fiscales dites « déclassées », que l’administration traite comme des règles normales de calcul de l’impôt. Les allègements de cotisations restent inclus. Ce sous-total ne représente toujours pas des économies immédiatement disponibles. Rapport sénatorial.
Trois autres exemples : TVA, service public et aide de crise terminée
- Une TVA réduite. Relever la taxe peut augmenter les recettes, mais la charge peut se répartir entre prix payés par les clients, marges et salaires. Le gain dépend des réactions des entreprises et de la demande. DG Trésor, encadré 1, p. 6.
- Le financement d’un service public. Réduire la compensation versée à La Poste pour le service postal universel oblige à préciser qui paie les obligations maintenues ou quel service est réduit. Ces compensations sont incluses dans certains recensements, écartées des 211 milliards du Sénat. DG Trésor, p. 3 et encadré 3, p. 8.
- Une aide de crise terminée. Une dépense déjà supprimée ne peut être économisée à nouveau. Les montants historiques doivent être rapprochés des crédits et dispositifs encore en vigueur à la date d’application du projet.
Ce que les expériences précédentes permettent d’apprécier
Une intervention publique peut atteindre des objectifs précis, mais ses effets doivent être mesurés. Le comité d’évaluation de France Relance, présidé par l’économiste Xavier Jaravel, a identifié des effets de certaines mesures sur l’emploi et sur la réduction des émissions industrielles. Il relève aussi des limites : pour le soutien à l’investissement et à la modernisation de l’industrie, les données disponibles ne permettaient pas d’isoler l’effet des aides par rapport à ce qui se serait produit sans elles ; aucun objectif quantitatif n’avait été fixé pour la réduction de certaines dépendances. Synthèse du rapport final, 2024, notamment p. 14.
Ce précédent donne des critères concrets pour examiner le projet : quels biens sécuriser, quels investissements déclencher, avec quelles aides, dans quel délai et pour quel résultat mesurable ? Les données établissent le recul de la production dans plusieurs filières. Le financement des dépenses annoncées reste à démontrer par un budget distinguant économies, réaffectations et recettes nouvelles.
Comment la candidature est présentée et discutée
Le corpus réunit des comptes rendus et analyses des 6 au 15 octobre, complétés par une critique de la médiatisation publiée le 7 septembre. Ces contenus montrent plusieurs questions en débat ; ils ne mesurent pas leur importance dans l’ensemble de la presse ou parmi les électeurs.
L’annonce et la capacité à rassembler
Le Monde, compte rendu du 14 octobre · Le Parisien, brève d’Ariel Guez, 14 octobre · AFP/TV5MONDE, article du 14 octobre.
Le Parisien insiste sur une candidature supplémentaire ; Le Monde met en avant la volonté de modifier le jeu politique et la ligne souverainiste. L’AFP apporte des éléments sur les appuis annoncés. Ces choix privilégient la concurrence électorale ou la construction d’une offre. Les reprises de l’entretien ne constituent pas des contrôles indépendants du total de soutiens.
Les propositions scolaires et leur financement
Sud Radio, entretien et compte rendu du 6 octobre · France Inter, entretien du 14 octobre · Contrepoints, opinion de Freddy Roy, 14 octobre.
Sud Radio développe le diagnostic scolaire et les réponses proposées. Sur Inter, Duhamel demande le coût de la hausse salariale et la provenance des ressources ; Polony défend un raisonnement reliant école et production. Roy, auteur d’une tribune dans le média libéral Contrepoints, interroge le choix public des investissements et le délai avant les retombées. Le désaccord concerne notamment la capacité à financer une dépense durable avec les effets attendus d’une transformation économique.
L’indépendance nationale et le cadre européen
L’Internaute, analyse du 14 octobre · AFP/TV5MONDE, reportage du 15 octobre · Initiative communiste, billet de Georges Gastaud, 14 octobre.
L’Internaute cherche à situer la candidate dans les traditions politiques françaises. L’AFP rapporte sa volonté de défendre les intérêts français en Europe. Dans le média du Pôle de renaissance communiste en France, Gastaud, auteur du billet, soutient qu’un redressement impose une rupture avec l’Union européenne et l’alliance militaire atlantique. Ce désaccord sur le cadre d’action doit être distingué de la défense, commune à ces propos, de capacités nationales de production.
Les questions posées à une ancienne éditorialiste
Acrimed, critique de Jérémie Younes, 7 septembre · France Inter, entretien du 14 octobre · Initiative communiste, billet du 14 octobre.
Younes critique la visibilité accordée au lancement de la démarche par plusieurs médias. Duhamel questionne l’ambition électorale et l’expérience de la candidate avant d’aborder son financement. Gastaud juge cet entretien excessivement agressif. La transcription situe la question de la hausse des salaires après six minutes ; elle permet d’établir les thèmes et leur ordre, pas de mesurer à elle seule le ton ni les interruptions simultanées. Le comptage comparé des temps d’antenne n’a pas été réalisé.
Documents consultés et portée des vérifications
La révision repose sur la lecture intégrale de la transcription horodatée de l’entretien publiée sur la page Dailymotion du compte France Inter, sur les textes de campagne et sur des documents statistiques et administratifs. La transcription comporte des erreurs de reconnaissance de noms ; les faits centraux ont été recoupés avec les résumés de la radio et les comptes rendus de presse. L’enregistrement n’a pas fait l’objet d’une écoute intégrale indépendante. Pour la vidéo de candidature, la description publiée par la candidate et les textes écrits ont été consultés ; son contenu audiovisuel intégral n’a pas été vérifié.
- France Inter, entretien de Benjamin Duhamel avec Natacha Polony, transcription de 0 à 11 min 16, 14 octobre 2026 ; page originale de l’émission. Les repères temporels donnent accès aux échanges sur l’école, la production et les aides.
- Ma vision pour la France, Mes principes, déclaration de candidature et cahier de doléances : documents de campagne consultés le 16 octobre. La réalité d’une proposition et son efficacité sont vérifiées séparément.
- Journal officiel des associations, annonce n° 2141, parution du 29 septembre 2026 : déclaration du 17 septembre, association W751286231, financement de la campagne présidentielle. Notice contrôlée dans le jeu de données officiel, distincte du statut du mouvement lui-même.
- DEPP, Panorama statistique des personnels de l’enseignement scolaire 2024–2025, octobre 2025, figures 1.4 et 7.3, p. 17 et 193–194 : effectifs et salaires bruts de 2023 ; calcul Facta à effectifs constants. DEPP, Mélanie Drégoir, évolution du salaire des enseignants entre 2023 et 2024, note n° 26-36, 20 août 2026 ; Insee, production industrielle d’août 2026, Informations rapides n° 245, 6 octobre 2026. Les périodes et populations sont indiquées près des chiffres.
- Diego Renaud et Johan Seux, DG Trésor, Comment définir les aides publiques aux entreprises ?, 16 avril 2026 ; Trésor-Éco n° 387, notamment p. 3 et encadrés 1 à 3 : décomposition du graphique, différences de périmètre et exemples. Sénat, commission d’enquête présidée par Olivier Rietmann, rapportée par Fabien Gay, estimation des aides en 2023, juillet 2025 ; Yves Jégo, rapport sur l’origine des produits et les filières françaises et européennes, mai 2025, p. 29–30 ; Xavier Jaravel et Salima Montout, synthèse de l’évaluation finale de France Relance, 2024. Ce sont des rapports de contexte et d’évaluation, pas un chiffrage du projet Polony.
- Ministère de l’Intérieur, législatives de 2002, Paris, 9e circonscription : 803 ÷ 35 800 × 100 = 2,243 %, arrondi à 2,24 %. Réponse ministérielle du 17 juin 2025 : conditions de présentation à la présidentielle.
Points qui restent ouverts après les recherches complémentaires
Les requêtes sur les chiffres de 53 % et 17 millions, la lecture des pages de campagne et de leur rubrique de données n’ont pas permis de retrouver un questionnaire et une notice méthodologique les établissant. Des reprises de ces chiffres existent, mais une répétition ne remplace pas la source d’enquête. Le total de 60 000 personnes n’a pas été audité. Les promesses de parrainage et les ralliements envisagés ne sont pas tous vérifiés.
Le calcul indépendant sur une base de 2023 donne 7,5 à 11,3 milliards de salaires bruts supplémentaires pour une hausse générale de 20 à 30 %, hors cotisations employeur. Il confirme l’échelle des milliards annuels, sans certifier les bornes de 10 à 15 milliards comme coût complet pour 2027 : assiette, bénéficiaires, cotisations et calendrier restent à préciser. Le chiffre de 211 milliards d’aides est bien documenté pour 2023, dans un périmètre large ; il ne donne pas la somme que la candidate pourrait supprimer.
Les textes de vision et de principes et les entretiens examinés ne fournissent pas le budget complet des mesures. Cette recherche ne permet pas de conclure qu’aucun autre document de chiffrage n’existe. Les critiques d’Acrimed, de Contrepoints et d’Initiative communiste sont attribuées à leurs auteurs ; elles ne représentent pas une mesure exhaustive de la couverture. Aucun protagoniste n’a été contacté pour cette révision.
Illustration d’archive : interprétation au trait par IA d’une photo de Mickael Denet, matinale d’Europe 1 à la gare de Lyon, Paris, 21 mars 2014. Photo et adaptation sous CC BY-SA 3.0 ; source et licence dans le crédit dépliable près de la synthèse. Cette illustration ne représente pas l’annonce de 2026.

