Chronologie
Les protagonistes :
- les syndicats de salariés : l’intersyndicale CFDT, CGT, FO, Unsa et FSU (enseignement surtout), rejointe pour le 5 novembre par les autres organisations, dont la CFTC, la CFE-CGC et Solidaires ;
- les organisations lycéennes et étudiantes : Union syndicale lycéenne (USL), Union étudiante, Unef, Fage ;
- une « coordination des gilets jaunes », du nom du mouvement de 2018-2019 contre les taxes sur les carburants, qui appelle aux journées du samedi ;
- le gouvernement de Sébastien Lecornu, avec Laurent Nuñez à l’Intérieur, Jean-Pierre Farandou au Travail, Roland Lescure à l’Économie et David Amiel aux Comptes publics ;
- le président Emmanuel Macron, dont le second mandat s’achève au printemps 2027.
Du gazole à 2,38 euros à la grève du 5 novembre
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Prix et énergieFin février-mi-septembreGuerre contre l’Iran
Après les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, le gazole passe de 1,65 € le litre (20 février) à 2,38 € (18 septembre).
DGEC, via les éditions précédentes
Mobilisations17 sept.-6 oct.Mouvement lycéen
Parti d’un lycée de Créteil, le mouvement gagne le pays ; journée nationale le 6 octobre. Des vidéos TikTok appellent à manifester le 17 octobre.
Éditions précédentes
Réponses du pouvoir22 sept.Aide carburant
L’aide de 100 € est étendue à 5,5 millions de travailleurs ; « règle d’or » promise sur les taxes.
Ministère de la Transition écologique
Prix et énergie7-12 oct.Stocks stratégiques
Le gouvernement annonce la vente aux distributeurs de 10 millions de barils de gazole de ses réserves.
AFP
MobilisationsSam. 17 oct.Première journée
550 000 manifestants (Intérieur), 800 000 (CGT). Émeutes et pillages ; mairie de Limoges incendiée ; 2 628 interpellations.
Intérieur ; AFP
Réponses du pouvoir21 oct.Matignon sans mesure
Syndicats reçus sans mesure ; une hausse du Smic est évoquée selon la CFTC. La grève du 5 novembre est appelée.
Public Sénat ; France 24 via Sortiraparis
Justice23 oct.Limoges
Deux hommes de 34 et 66 ans mis en examen et placés en détention provisoire ; ils sont présumés innocents.
ICI ; franceinfo
Réponses du pouvoir23 oct.Budget de la Sécurité sociale
Rejeté par l’Assemblée. Le Medef juge qu’une hausse du Smic avant janvier créerait « la pagaille ».
LCP ; Moneyvox
MobilisationsSam. 24 oct.Deuxième journée
410 000 manifestants (Intérieur), 800 000 (CGT) ; 1 435 interpellations.
Intérieur ; AFP
Réponses du pouvoir24-29 oct.Smic évoqué
Roland Lescure (24) dit une hausse avant janvier « en discussion » ; Jean-Pierre Farandou (29) la juge « pas tabou ».
AFP via Moneyvox
Réponses du pouvoir26 oct.Centres-villes, lycées
Emmanuel Macron veut les cortèges « en dehors des centres-villes ». Le gouvernement annonce 836 postes d’enseignants sauvés et 500 créés, par amendement au budget.
Élysée ; LCP
MobilisationsSam. 31 oct.Troisième journée
320 000 manifestants (Intérieur). Cocktail Molotov contre un gendarme à Paris ; 779 interpellations au cumul de la journée et de la nuit.
Intérieur
NouveauJustice1er nov.Enquête Molotov
Le parquet de Paris ouvre une enquête pour « tentative d’homicide » ; personne n’est interpellé pour ces faits.
AFP via Sud Radio
NouveauMobilisations3 nov.« Journée noire » lycéenne
48 lycées bloqués selon le ministère, 500 selon les syndicats ; 51 universités perturbées sur 184.
franceinfo
NouveauRéponses du pouvoir3 nov.Nuñez : « un échec »
Devant la commission d’enquête de l’Assemblée, le ministre reconnaît, pour le 17 octobre, « un défaut d’anticipation ».
LCP
NouveauRéponses du pouvoir4 nov.Budget rejeté
L’Assemblée rejette à l’unanimité le budget 2027, transmis au Sénat.
LCP
NouveauJustice4 nov.Parcours validés
Paris : la Concorde interdite, un parcours République-Nation imposé. Lyon et Toulouse : centres fermés. Les tribunaux administratifs valident.
Sortiraparis ; Lyon Mag ; France 3
NouveauPrix et énergie4 nov.Gazole à 2,25 €
Le prix moyen tombe à 2,25 € le litre, contre 2,37 € le 31 octobre (même calcul de l’AFP).
AFP via Sud Radio
NouveauMobilisationsJeu. 5 nov.Grève intersyndicale
575 000 manifestants (Intérieur), 1,6 million (CGT) ; 448 interpellations à 18 h ; heurts à Lyon, Toulouse, Nantes, Marseille.
AFP ; CNEWS
NouveauJustice5 nov.Limoges, cour d’appel
Le suspect de 34 ans reste en détention ; celui de 66 ans est libéré sous contrôle judiciaire.
France 3 Nouvelle-Aquitaine
NouveauRéponses du pouvoir5 nov.Conférence sociale
Matignon annonce une « conférence sociale » sur les salaires le lundi 9 novembre.
Communiqué de Matignon, via LCP et Public Sénat
MobilisationsÀ venir7, 9 et 20-22 nov.
« Acte IV » des gilets jaunes le samedi 7 (les actes I à III étaient les 17, 24 et 31 octobre) ; conférence sociale le 9 ; manifestations dans sept pays européens les 20, 21 et 22 novembre.
Sortiraparis ; AFP
01 Ce qui a changé depuis le 1er novembre
La foule est revenue, un jeudi. Après trois samedis en recul, la grève a réuni 575 000 manifestants selon l’Intérieur, 80 % de plus que le 31 octobre et un peu plus que le 17. La CGT en annonce 1,6 million. Les deux décomptes en font la plus forte journée de l’automne.
Un rendez-vous sur les salaires, pas encore de décision. Le soir du 5, Matignon a convoqué une « conférence sociale » pour le lundi 9 novembre, afin d’« apporter des réponses aux questions de pouvoir d’achat et de salaires ». Les ministres de l’Économie et du Travail se disent ouverts à une hausse du salaire minimum, le Smic ; rien n’est arrêté.
Les cortèges restent tenus loin des lieux sensibles, avec l’aval des juges. À Paris, le parcours a été rapproché du centre, de la République à la Nation, mais la place de la Concorde, proche de l’Assemblée et de l’Élysée, est restée interdite. À Lyon et à Toulouse, les préfets ont fermé le centre ; à Toulouse, l’intersyndicale a maintenu le parcours interdit et son cortège a été bloqué puis dispersé.
Le gazole baisse. Le prix moyen est tombé à 2,23 euros le litre le 5 novembre au soir, contre 2,37 euros le 31 octobre, soit 14 centimes de moins, à mesure que l’État vend ses réserves aux distributeurs.
Le budget 2027 est rejeté. Le 4 novembre, l’Assemblée a rejeté à l’unanimité le projet de loi de finances, qui part au Sénat dans sa version initiale. Les postes d’enseignants promis aux lycéens n’ont jamais été votés par les députés ; la réduction d’impôt pour reconstruire la mairie de Limoges est tombée.
Le ministre de l’Intérieur assume l’échec du 17 octobre. Devant la commission d’enquête de l’Assemblée, le 3 novembre, Laurent Nuñez a parlé d’« un défaut d’anticipation qui est d’abord le mien ».
À Limoges, un suspect est libéré. Le 5 novembre, la cour d’appel a maintenu en détention provisoire l’homme de 34 ans et remis en liberté sous contrôle judiciaire celui de 66 ans, tous deux mis en examen dans l’enquête sur l’incendie de la mairie. Ils sont présumés innocents.
Une rectification de notre édition du 1er novembre. Nous écrivions que rien n’avait été annoncé sur les salaires avant le 5 novembre. C’était exact pour les décisions, mais une hausse du Smic avant janvier était déjà publiquement discutée depuis le 21 octobre (détail dans « Sources et méthode »).
02 Rappel : d’où vient le mouvement
Nos éditions du 27 octobre et du 1er novembre racontent en détail la naissance du mouvement et les trois samedis ; en voici l’essentiel.
Le grief de départ est le prix du gazole, passé de 1,65 euro le litre le 20 février, avant la guerre déclenchée fin février par les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, à 2,38 euros à la mi-septembre. L’inflation atteignait 3,4 % sur un an en octobre, selon la première estimation de l’Insee. Un appel lancé sur TikTok, sans syndicat ni parti, a donné la première journée, le samedi 17 octobre. Il a rejoint un mouvement lycéen né en septembre sur des revendications scolaires. Une « coordination des gilets jaunes » a ensuite appelé aux samedis suivants, qu’elle numérote comme des « actes » : le 17 octobre est l’acte I, le 31 l’acte III.
Le 17 octobre, des cortèges surtout pacifiques ont été suivis d’émeutes et de pillages d’une ampleur rare : mairie de Limoges incendiée, 2 628 interpellations, 1 144 policiers et gendarmes blessés selon le décompte mis à jour par l’Intérieur le 1er novembre (997 au premier bilan). Les samedis suivants ont réuni moins de monde (410 000 puis 320 000 manifestants selon l’Intérieur), sous un dispositif policier de plus en plus lourd et des cortèges repoussés loin des centres-villes. Le gouvernement a répondu aux lycéens par des annonces chiffrées et aux automobilistes par la vente des stocks de gazole ; sur les salaires, il n’avait rien décidé.
03 Combien étaient-ils, et pourquoi plus nombreux ?
Une hausse nette dans les deux décomptes
Selon le ministère de l’Intérieur, 575 000 personnes ont manifesté le 5 novembre dans 193 cortèges, dont 65 000 à Paris. C’est 80 % de plus que le samedi 31 octobre (320 000) et 4,5 % de plus que le 17 octobre (550 000). La CGT annonce « près de 1,6 million » de manifestants, dont 350 000 à Paris.
| Indicateur | Sam. 17 octobre | Sam. 24 octobre | Sam. 31 octobre | Jeu. 5 novembre |
|---|---|---|---|---|
| Manifestants selon l’Intérieur | 550 000 | 410 000 | 320 000 | 575 000 |
| dont Paris (autorités) | 110 000 | 110 000 | 70 000 | 65 000 |
| Manifestants selon les organisateurs | 800 000 (CGT) | 800 000 (CGT) | près de 500 000 (organisations de jeunesse) | 1,6 million (CGT), dont 350 000 à Paris |
| Policiers et gendarmes engagés | 60 000 | 70 000 | 70 000 | 70 000 |
| Manifestants par agent (Intérieur) | 9,2 | 5,9 | 4,6 | 8,2 |
Sources : ministère de l’Intérieur (communiqué du 1er novembre) pour les samedis ; pour le 5 novembre, chiffres de l’Intérieur et de la CGT et effectif de 70 000 agents rapportés par l’AFP. Le ratio de manifestants par agent est un calcul de Facta.
Le 5 novembre, la plus forte journée de l’automne
L’écart entre les deux décomptes n’a jamais été aussi grand. La CGT annonce 2,8 fois le chiffre de l’Intérieur, contre 1,5 fois le 17 octobre et 2 fois le 24. À Paris, l’écart va de 65 000 à 350 000, plus de cinq fois. Aucun comptage indépendant n’a été publié. La hausse est en revanche certaine : les deux sources la constatent, et les autorités comptaient dans plusieurs villes bien plus de monde qu’au 31. À Lyon, la préfecture a compté 30 500 manifestants, contre 19 000 le 31 ; l’intersyndicale en annonçait 55 000.
L’encadrement s’est desserré. Avec le même effectif de 70 000 policiers et gendarmes que les samedis, il y avait 8,2 manifestants par agent le 5, contre 4,6 le 31 octobre.
À Paris, selon les autorités, pas de hausse. Leur chiffre parisien (65 000) est légèrement inférieur à celui du 31 octobre (70 000), et très en dessous des 110 000 des deux premiers samedis. Une note du renseignement territorial, révélée par RTL et citée par Sortiraparis, prévoyait 40 000 à 80 000 manifestants à Paris et 500 000 à 700 000 ailleurs. Hors de Paris (510 000 manifestants), la journée a donc atteint le bas de la fourchette attendue ; à Paris, son milieu.
Une grève inégale selon les secteurs
- Enseignement : 15,81 % de grévistes selon le ministère de l’Éducation nationale (19,14 % dans les écoles, 13,53 % dans les collèges et lycées) ; le Snes-FSU, premier syndicat du second degré, en compte 52 % dans les collèges et lycées.
- Fonction publique : 9,89 % de grévistes dans la fonction publique d’État à la mi-journée, 4,60 % dans la territoriale, 3,93 % à l’hôpital, selon le ministère de l’Action et des Comptes publics.
- Transports : « plus d’un cheminot sur trois en grève » à la SNCF selon la CGT-Cheminots, un TGV sur dix supprimé ; le métro parisien a roulé normalement, celui de Lyon pas du tout.
- Lycées et universités : Matignon a compté 81 lycées bloqués sur 3 700 à 10 heures, soit 2,2 % ; le Snes-FSU et l’USL parlent d’environ un millier de lycées « bloqués ou fermés ». Le premier chiffre compte les blocages à une heure donnée, le second y ajoute les établissements fermés par la direction. Dans le supérieur, le ministère compte 60 établissements « perturbés » sur 184, l’Union étudiante 90 % des universités « mobilisées ».
- Entreprises privées : aucun taux de grève n’a été publié.
Les taux de grève en font une forte journée de manifestation plus qu’une grève générale. La CGT appelait à étendre la grève « à partir du 5 novembre », mais aucune date nouvelle n’était fixée à la clôture.
Pourquoi plus de monde que les samedis
Le 5 novembre ne se compare pas tout à fait aux samedis. C’était un jour de grève, appelé par les cinq syndicats de l’intersyndicale (CFDT, CGT, FO, Unsa, FSU) et, selon L’Échiquier social cité par Sortiraparis, par « toutes les organisations syndicales » ; l’AFP écrit « la totalité des syndicats ». Après le 17 octobre, les samedis étaient lancés par la coordination des gilets jaunes et relayés surtout par la CGT, FO, la FSU, Solidaires et les organisations de jeunesse, sans la CFDT. Le 5, la revendication centrale n’était plus le gazole mais les salaires, les pensions et les services publics.
L’édition du 1er novembre avançait une hypothèse : une « mobilisation qui se déplace », de manifestants qui délaisseraient les samedis pour la grève du 5. La journée du 5 est compatible avec elle, mais ne la démontre pas : une foule plus grande un jour de grève peut s’expliquer par le seul appel de tous les syndicats. Deux jours plus tôt, la « journée noire » lycéenne du mardi 3 novembre était faible : 48 lycées bloqués selon le ministère, 500 selon les syndicats, et franceinfo y constatait un essoufflement ; une représentante des manifestants l’attribuait à la grève du jeudi. Le vrai test viendra le samedi 7 novembre : si les samedis se vident encore, l’hypothèse d’un report vers la grève gagnera en poids.
Un soutien majoritaire qui s’effrite
Selon un sondage Elabe pour BFMTV publié le 4 novembre, 57 % des Français soutenaient la mobilisation ou éprouvaient de la sympathie pour elle (2 points de moins en une semaine), 28 % s’y opposaient. 88 % jugeaient légitimes les revendications sur le pouvoir d’achat, 5 points de moins en deux semaines.
04 Le droit de manifester : parcours et assignations
Depuis le 26 octobre, l’exécutif veut tenir les cortèges hors des centres-villes. Ce n’est pas une règle unique : les autorités l’ont appliquée ville par ville, avec des motifs différents, et les juges l’ont validée chaque fois.
| Date et lieu | Parcours refusé | Parcours imposé | Motif invoqué |
|---|---|---|---|
| 26 octobre, Élysée | — | « En dehors des centres-villes » | Protéger les commerces pillés le 17 |
| 31 octobre, Paris | Bastille-Nation | Boulevards des Maréchaux, de la porte de Bagnolet à la porte de Charenton | « Risques de violences » |
| 5 novembre, Paris | Bastille-Concorde | République-Nation, par le boulevard Voltaire | Proximité des « centres de pouvoir » |
| 5 novembre, Lyon | Arrivée place Bellecour | Manufacture des Tabacs-place Jean-Macé | Violences et dégradations du 17 dans la presqu’île commerçante |
| 5 novembre, Toulouse | Saint-Cyprien-allées Jean-Jaurès | Boucle au départ des Arènes | Protection de l’hypercentre |
Sources : édition du 1er novembre ; Sortiraparis ; Lyon Mag ; France 3 Occitanie ; Petite République.
Paris : plus central, mais pas jusqu’au pouvoir
L’intersyndicale avait déclaré un trajet de la Bastille à la Concorde, près de l’Assemblée nationale, de l’Élysée et de Matignon. Le 4 novembre, la préfecture de police l’a refusé en invoquant les « centres de pouvoir », selon Sortiraparis, et a imposé le parcours République-Nation. Le soir même, le tribunal administratif a rejeté le recours des syndicats, jugeant la mesure ni « inadaptée » ni « disproportionnée », selon Europe 1 cité par Sortiraparis.
Ce parcours est plus central que celui du 31 octobre, qui longeait la limite de la ville. Selon l’AFP, c’était « la première manifestation syndicale dans le centre de Paris, et non en périphérie », depuis le 17 octobre. Le motif a donc changé : à Paris, il ne s’agissait plus d’écarter les commerces, mais les lieux du pouvoir.
Lyon et Toulouse : les centres commerçants fermés
À Lyon, la préfecture du Rhône a refusé l’arrivée place Bellecour, au cœur de la presqu’île, « compte tenu des violences et des dégradations extrêmement importantes du 17 octobre ». L’intersyndicale du Rhône y a vu « une attaque supplémentaire faite à la liberté de manifester ». Le tribunal administratif a rejeté son recours le 4 novembre. Le défilé a suivi le même parcours que le 31 octobre ; les ponts vers la presqu’île étaient barrés (Lyon Mag).
À Toulouse, la préfecture de la Haute-Garonne a interdit le parcours déclaré, qui finissait en plein centre, et imposé une boucle au départ des Arènes. Le tribunal administratif l’a validée le 4 novembre : selon l’AFP, le juge estime qu’elle « permet de préserver tant la liberté de manifester sur un parcours sécurisé que la visibilité des revendications ».
Toulouse : un cortège sur un parcours interdit
L’intersyndicale toulousaine a maintenu son départ de Saint-Cyprien malgré l’ordonnance. Son cortège n’était donc pas autorisé sur ce trajet. Selon France 3 Occitanie, des CRS et des blindés de la gendarmerie ont bloqué le pont vers le centre et appelé à la dispersion ; vers 15 h 30, après des jets de projectiles par des personnes cagoulées, ils ont chargé à trois reprises, avec gaz lacrymogène et grenades de désencerclement, pendant qu’un cordon de militants de la CGT restait face à eux. La préfecture a compté 21 800 manifestants à Toulouse au plus fort de la journée, sans dire combien suivaient le parcours interdit ; le cortège a été repoussé vers les Arènes puis dispersé vers 18 heures.
Deux lectures se font face. Pour l’intersyndicale, la règle a conduit à disperser un cortège syndical déclaré et encadré. Pour les autorités, le juge avait tranché, le cortège s’est placé hors du droit, et les charges ont suivi des violences. Les faits rapportés donnent appui aux deux : le cortège était bien hors autorisation, et les charges ont bien suivi des jets de projectiles ; mais ceux-ci venaient d’un petit nombre de personnes cagoulées, dans une foule de plusieurs milliers.
En amont, des assignations antiterroristes contestées
Selon des avocats cités par franceinfo, au moins une soixantaine de militants avaient été assignés à résidence pour le week-end du 31 octobre. Ces assignations reposaient sur les « mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance » (Micas), créées par la loi antiterroriste de 2017 pour prévenir le terrorisme. Les personnes visées, militants écologistes, antifascistes ou propalestiniens, ont pour la plupart un casier judiciaire vierge, selon l’une de leurs avocates. La loi prévoit une notification préalable, sauf urgence ; certaines arrivaient la veille au soir, trop tard pour un recours utile.
Devant la commission d’enquête, Laurent Nuñez a confirmé « une vingtaine d’interdictions de paraître », qui défendent à une personne de se rendre dans un lieu donné, pour le 24 octobre et des Micas « motivées par le risque insurrectionnel » pour le 31, sans en donner le nombre. La Ligue des droits de l’homme, le Syndicat de la magistrature et le Syndicat des avocats de France dénoncent une « bascule autoritaire » et ont saisi le Conseil d’État, qui ne s’était pas prononcé à la clôture.
Ces restrictions ont l’appui d’une majorité de l’opinion : selon le sondage Elabe du 4 novembre, 68 % des Français approuvent l’interdiction de manifester dans les centres-villes et les secteurs commerçants, 31 % y voient une atteinte à la liberté de manifester.
05 Une journée calme dans l’ensemble, violente par endroits
La plupart des cortèges ont défilé sans heurts, selon le ministère de l’Intérieur lui-même. Rapportées au nombre de manifestants et à heure égale, les interpellations ont été du même ordre que le 31 octobre. La journée a connu des affrontements durs à Lyon, l’attaque d’un lycée près de Toulouse et un policier grièvement blessé à Marseille.
Le bilan national, encore provisoire
À 18 heures, l’Intérieur comptait 448 interpellations, 53 policiers et gendarmes blessés et 86 interventions pour des incendies. Le ministère précisait que ce bilan était « provisoire » et serait « consolidé ». Il ne couvre pas les heurts de la soirée : projectiles place de la Nation à Paris, « cortège sauvage » à la Guillotière à Lyon vers 18 heures, tentative de blocage du périphérique toulousain par « une poignée d’individus » vers 18 h 20, selon la préfecture.
Le ministère décrivait des cortèges « globalement bien déroulés », mais aussi, à Rennes, Marseille, Nantes, Lyon, Bordeaux et Strasbourg, des « groupes à risque, composés à chaque fois de plusieurs centaines de militants radicaux et d’ultra-gauche ». Selon lui, ces groupes ont tenté de « faire dégénérer les cortèges » ou d’entrer dans les centres-villes protégés. Le profil des personnes interpellées n’a pas été publié.
| Bilan | Sam. 17 octobre | Sam. 24 octobre | Sam. 31 octobre | Jeu. 5 novembre |
|---|---|---|---|---|
| Interpellations à 18 h | non connu | non connu | 296 | 448 |
| Interpellations, bilan consolidé | 2 628 | 1 435 | 779 (journée et nuit) | à venir |
| Policiers et gendarmes blessés | 1 144 (mis à jour le 1er nov.) | 267 | 116 à 21 h, puis 43 dans la nuit | 53 (à 18 h) |
| Commerces dégradés | 2 500 selon les chambres de commerce | 69, dont 24 pillés | 36, dont 3 pillés | non publié |
Sources : ministère de l’Intérieur (communiqué du 1er novembre ; bilans à 18 h des 31 octobre et 5 novembre rapportés par CNEWS et l’AFP) ; CCI France pour le 17 octobre.
À 18 heures, l’Intérieur comptait 296 interpellations le 31 octobre pour 320 000 manifestants, soit 0,9 pour 1 000, et 448 le 5 novembre pour 575 000, soit 0,8 pour 1 000. Les deux taux sont proches. La différence tient surtout à la suite : le 31, la soirée d’Halloween a porté le total de 296 à 779 interpellations, soit 483 de plus ; le bilan consolidé du 5 n’était pas publié à la clôture. Les blessés parmi les forces de l’ordre ne se comparent pas encore : 53 à 18 heures le 5, contre 116 à 21 heures le 31.
Lyon : affrontements en tête de cortège
C’est à Lyon que la journée a été la plus violente. Selon la préfecture, un « groupe à risque » d’« au moins 500 personnes », vêtues de noir et le visage dissimulé, s’est placé en tête du cortège dès le départ, à 10 h 30. Mortiers d’artifice, projectiles, barricades et une voiture de particulier incendiée ont suivi. La police a répliqué par des charges, du gaz lacrymogène et un canon à eau.
Lyon Mag a constaté que de jeunes manifestants, « parfois pris en étau entre les CRS et les casseurs », recevaient avenue Berthelot des « coups de matraque et de pieds ». Un photographe de l’AFP qui portait son brassard de presse a reçu cinq coups de matraque, selon l’agence. La préfecture affirme que « certains recours à des moyens de force » ont eu lieu « en situation de légitime défense ».
À 17 h 25, la préfecture du Rhône comptait 40 blessés, dont 34 policiers et gendarmes et 6 manifestants, 24 interpellations et cinq commerces dégradés.
Ailleurs : un lycée attaqué, un CRS grièvement blessé
- Tournefeuille (Haute-Garonne) : vers 8 heures, selon la préfecture, « une trentaine d’individus particulièrement violents, équipés et préparés » ont envahi le lycée Françoise et mis le feu au local de la vie scolaire. Les pompiers ont été visés par des tirs de mortier. Personne n’a été blessé ; deux personnes ont été interpellées. Rien ne relie à ce stade ces faits aux organisateurs de la manifestation toulousaine.
- Marseille : dix policiers ont été blessés, dont un CRS grièvement touché au thorax par un projectile, selon la préfecture des Bouches-du-Rhône, qui comptait aussi vingt interpellations ; l’heure de ce bilan n’est pas précisée.
- Nantes et Rennes : jets de pavés et affrontements en marge des cortèges (Intérieur ; CNEWS).
- Paris : un cortège d’abord « extrêmement calme », puis des charges boulevard Voltaire après des dégradations par « des individus cagoulés » selon la préfecture de police, et des projectiles place de la Nation en début de soirée.
Pour le cocktail Molotov qui a atteint un gendarme à Paris le 31 octobre, le parquet a ouvert le 1er novembre une enquête pour « tentative d’homicide sur personnes dépositaires de l’autorité publique ». Personne n’avait été interpellé pour ces faits à cette date.
06 Les salaires : ce que le gouvernement peut décider, et qui paierait
À la clôture, le gouvernement n’a pris aucune décision sur les salaires. Il a fixé un rendez-vous, la conférence sociale du lundi 9 novembre.
Une conférence sociale le 9 novembre
Le communiqué de Matignon, publié en fin d’après-midi le 5, annonce une « conférence sociale » réunissant « les organisations représentatives des salariés et des employeurs ». Elle doit « permettre d’apporter des réponses aux questions de pouvoir d’achat et de salaires ». Sébastien Lecornu a demandé à Jean-Pierre Farandou de « finaliser d’ici dimanche les concertations qu’il mène depuis plusieurs jours ». David Amiel « poursuit ses échanges » avec les représentants des fonctionnaires.
Ce que demandent les syndicats
- La CFDT, premier syndicat français, demande 100 euros net de plus par mois sur le Smic, soit environ 125 euros brut (calcul de Facta, selon l’écart habituel entre brut et net au niveau du Smic), et une révision des grilles de salaires des branches professionnelles.
- La CGT demande 10 % de hausse du Smic, soit environ 187 euros brut par mois, et l’indexation de tous les salaires sur les prix.
- L’Unsa rappelle que « 862 000 agents publics » sont payés au niveau du Smic (Sud Radio).
- Toutes réclament la hausse du point d’indice, la valeur de base qui sert à calculer le traitement des fonctionnaires, ainsi que celle des pensions et des prestations sociales.
Le soir du 5, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, résumait : « La question qui est posée aujourd’hui, c’est pas “est-ce qu’on va gagner” » mais « “combien va-t-on gagner ?” ». Marylise Léon, pour la CFDT, attendait « un véritable geste significatif ».
Ce que le gouvernement peut faire seul
Le Smic s’élève à 12,31 euros brut de l’heure, soit 1 867,02 euros brut par mois pour 35 heures. Sa hausse ne passe pas par le Parlement : elle se décide par décret. Trois mécanismes existent (LCP) :
- chaque 1er janvier, une revalorisation automatique, qui suit les prix payés par les 20 % de ménages les plus modestes ; s’y ajoute la moitié de ce que les salaires des ouvriers et employés ont gagné, en moyenne, au-delà de l’inflation ;
- en cours d’année, une hausse automatique dès que ces prix ont augmenté de 2 % depuis la dernière revalorisation : c’est ce qui s’est passé le 1er juin 2026. Facta n’a trouvé aucun calcul officiel indiquant si ce seuil est près d’être atteint ;
- à tout moment, un « coup de pouce » librement fixé par le gouvernement. Il n’y en a pas eu depuis 2012.
Le 4 novembre, Roland Lescure a dit que « les deux sujets sont sur la table » : avancer avant janvier la revalorisation prévue, et aller au-delà de l’inflation. Jean-Pierre Farandou a répété le 3 novembre que la hausse n’était « pas tabou », tout en mettant en garde contre ses effets sur « l’emploi ». Le patronat s’y oppose : le 23 octobre, le Medef estimait qu’une hausse exceptionnelle avant le 1er janvier risquait de « créer la pagaille dans les entreprises » (Moneyvox).
Qui paierait une hausse
Une hausse du Smic se paie à trois endroits.
- Les employeurs versent le salaire. C’est le fond de l’opposition du Medef et de la mise en garde du ministre du Travail sur l’emploi.
- Les comptes sociaux, par les allègements de cotisations. Sur les bas salaires, l’État réduit les cotisations patronales, d’autant plus que le salaire est proche du Smic. Ces « allègements généraux » coûtent « 75 milliards d’euros », selon Jean-Pierre Farandou, qui y voit une « trappe à Smic » : comme l’allègement diminue quand le salaire monte, les employeurs sont peu incités à payer au-dessus du minimum (AFP via Moneyvox, 7 octobre). Comme ils sont calculés en proportion du Smic, une hausse du Smic en augmente le coût, à la charge de la Sécurité sociale, dont le budget a été rejeté par l’Assemblée le 23 octobre.
- L’État et les collectivités comme employeurs, puisque 862 000 agents publics sont payés au Smic selon l’Unsa.
Aucun chiffrage officiel du coût d’un point de coup de pouce n’a été publié à la clôture.
Le chef de l’État a mis l’accent ailleurs. Le 28 octobre, sur la chaîne YouTube HugoDécrypte, Emmanuel Macron a appelé à relancer les négociations dans les branches professionnelles, les secteurs qui négocient une convention collective, dont les grilles de salaires commencent sous le Smic, sans répondre sur un coup de pouce. Selon un calcul de la CGT, 122 branches sur 200 étaient dans ce cas à la mi-octobre. Les salariés y touchent bien le Smic, mais les premiers échelons se confondent : un salarié qualifié peut y gagner autant qu’un débutant. C’est l’autre face de la « trappe à Smic ».
07 Le gazole : la baisse est arrivée
La baisse promise par l’État s’est produite : environ 14 centimes par litre en cinq jours, dans la fourchette de 12 à 18 centimes annoncée par le gouvernement le 7 octobre. Le litre reste toutefois 35 % plus cher qu’avant la guerre.
Depuis le 1er novembre, l’État vend aux distributeurs une partie de ses réserves de sécurité, achetées avant la flambée, à charge pour eux de répercuter l’écart à la pompe.
| Date | Prix moyen du gazole | Source |
|---|---|---|
| 20 février 2026, avant la guerre | 1,65 € | DGEC |
| 18 septembre | 2,38 € | DGEC |
| 31 octobre | 2,37 € | AFP ; prix-carburant.eu (2,370 €) |
| 4 novembre au matin | 2,25 € | AFP (8 902 stations) |
| 5 novembre au soir | 2,23 € (2,226 €) | prix-carburant.eu |
L’AFP et prix-carburant.eu, qui agrège les prix déclarés par les stations, donnent le même prix pour le 31 octobre. Les écarts sont des calculs de Facta.
La baisse s’est faite en deux temps : 12 centimes le 4 au matin, 14 le 5 au soir, soit 6 % de moins qu’au 31 octobre. Selon Roland Lescure, 6 600 stations sur 10 000 avaient baissé leurs prix le 4 novembre, de 15 centimes en moyenne, et 3 000 de plus de 20 centimes. Le ministre a chiffré l’économie à « 9 euros » sur un plein de 45 litres. Ce montant correspond à une baisse de 20 centimes, celle des stations les plus en avance ; à la baisse moyenne constatée, l’économie est d’environ 6,50 euros.
Le décret du 23 octobre fixe deux dates. L’État vend ses stocks jusqu’au 31 janvier 2027. Les distributeurs ont jusqu’au 31 mars pour répercuter entièrement la baisse sur les volumes achetés, un délai utile aux petites stations, approvisionnées plus tard selon Roland Lescure. Rien n’est annoncé pour l’après.
08 Le budget rejeté : pourquoi, et ce qu’il advient des promesses
Le mercredi 4 novembre, les députés ont rejeté à l’unanimité, par 458 voix, la partie « recettes » du projet de loi de finances pour 2027. Ce vote entraîne le rejet de tout le texte par l’Assemblée. Le budget de la Sécurité sociale avait connu le même sort le 23 octobre. Les deux projets partent au Sénat dans leur version initiale, « sans les amendements votés par les députés » (LCP).
Une unanimité de raisons opposées
Le texte avait été profondément réécrit par une Assemblée sans majorité. Selon LCP, la plupart des groupes l’ont jugé « indigeste », « sans cohérence » ou plein de « contradictions », mais pour des raisons contraires. La gauche dénonçait une alliance du « bloc central », les groupes qui soutiennent le gouvernement, et du Rassemblement national contre ses propositions fiscales. Le groupe Droite républicaine (LR) estimait que le texte n’apportait « ni les garanties budgétaires, ni les perspectives » nécessaires. Le Rassemblement national accusait le gouvernement de garder seul « la plume ». Selon le ministre David Amiel, le texte amendé aurait creusé le déficit de l’État de 20,7 milliards d’euros, un chiffrage contesté par la gauche.
Les promesses faites au mouvement
- Pour les lycéens, le gouvernement avait annoncé le 26 octobre l’annulation de 836 suppressions de postes dans les collèges et lycées et la création de 500 postes de professeurs, par amendement au budget. Deux commissions de l’Assemblée avaient voté le retour de l’ensemble des 1 588 postes supprimés. Mais ces crédits figurent dans la seconde partie du budget, que les députés n’ont jamais examinée en séance : aucun de ces amendements n’a été voté par l’Assemblée (NosParlementaires). Tout dépend désormais du Sénat, qui repart du texte du gouvernement, puis de la suite de la procédure.
- Pour Limoges, la réduction d’impôt de 75 % pour les dons à la reconstruction de la mairie, adoptée par les députés le 30 octobre, ne figure plus dans le texte transmis.
- Pour les automobilistes, la « règle d’or », qui devait reverser en aides tout surplus de taxes sur les carburants, devait passer par un amendement ; elle n’a pas été adoptée.
Le gouvernement garde plusieurs voies pour obtenir un budget : un compromis avec le Sénat, l’article 49.3 de la Constitution, qui fait adopter un texte sans vote mais expose à la censure, des ordonnances si le Parlement n’a pas statué à l’expiration du délai fixé par la Constitution, le 17 décembre, ce qui serait une première, ou une loi spéciale qui prolongerait le budget 2026 (LCP). Le rejet ne touche pas directement le Smic, qui se décide par décret ; il réduit en revanche la marge de l’exécutif pour toute dépense nouvelle, comme le point d’indice des fonctionnaires.
09 Justice et commission d’enquête
Laurent Nuñez : « un échec », d’abord le sien
La commission d’enquête de l’Assemblée sur les violences du 17 octobre, présidée par Vincent Caure (Ensemble pour la République), a entendu le ministre de l’Intérieur le mardi 3 novembre. « Le bilan de la journée du 17 octobre est un échec », a déclaré Laurent Nuñez, qui avait proposé sa démission le lendemain des émeutes, sans qu’Emmanuel Macron l’accepte. Il a parlé d’« un défaut d’anticipation qui est d’abord le mien » (LCP).
Selon lui, le renseignement territorial avait signalé dès le 15 octobre le « potentiel insurrectionnel » de la mobilisation, l’intention de « la mouvance d’ultra gauche » de la transformer en émeute et un risque de pillages par de « jeunes délinquants ». Ce qui n’a pas été anticipé, c’est la simultanéité : heurts avec des « black blocs » place de la République, « cortèges sauvages » vers les lieux de pouvoir, pillages d’opportunité. Un dispositif plus nombreux « n’aurait sans doute pas permis à lui seul d’empêcher les incidents », a-t-il ajouté.
L’aveu confirme ce que nos éditions précédentes décrivaient : le 17 octobre, l’État a mal estimé ce qui l’attendait. Il laisse ouverte une question : comment une note du 15 octobre jugée si alarmante a-t-elle pu déboucher sur un dispositif insuffisant deux jours plus tard ?
Devant la même commission, le ministre a aussi confirmé les assignations à résidence de militants (chapitre 04).
Le lendemain, la commission a entendu des représentants de commerçants de Lyon, Paris, Bordeaux et Marseille. Tous ont décrit des heures sans policiers le 17 octobre. Une représentante des commerçants du centre de Lyon a déclaré : « Nous avons été livrés aux pilleurs et aux casseurs, sans aucun rempart, sans aucun secours. » Ils jugent les aides insuffisantes : un report de charges ou un prêt se remboursent, et peu sont assurés pour la perte d’exploitation (LCP). Le montant du fonds d’aide de l’État n’a toujours pas été communiqué.
Limoges : un suspect libéré, l’autre maintenu en détention
Deux hommes sont mis en examen depuis le 23 octobre dans l’enquête sur l’incendie de la mairie de Limoges. Le 5 novembre, la chambre de l’instruction de la cour d’appel, qui juge en appel les décisions prises pendant l’enquête, a statué sur leur détention (France 3 Nouvelle-Aquitaine ; AFP via Sud Radio).
- L’homme de 34 ans, mis en examen notamment pour « destruction en bande organisée » et « tentative d’homicide sur personne dépositaire de l’autorité publique », reste en détention provisoire. Le parquet le présente comme le « meneur le plus actif » des émeutiers ; son avocat juge le dossier « assez vide ». La cour a retenu « des indices graves et concordants ».
- L’homme de 66 ans, mis en examen pour « destruction en bande organisée » et « association de malfaiteurs », est remis en liberté sous contrôle judiciaire, avec interdiction de manifester en France. Il se dit victime d’un « affreux concours de circonstances ». Le parquet avait requis son maintien en détention.
Les deux hommes sont présumés innocents.
10 Ce qui est acquis, ce qui reste un pronostic
Ce qui est établi
- Un rendez-vous : la conférence sociale du lundi 9 novembre, avec un objectif écrit, « apporter des réponses » sur les salaires.
- Deux ministres ouverts à une hausse du Smic avant janvier, et l’un d’eux, Roland Lescure, à une hausse au-delà de l’inflation.
- Un outil disponible : le décret, qui ne demande pas de vote au Parlement.
- Des oppositions déclarées : le Medef, et la mise en garde du ministre du Travail sur l’emploi.
Ce qui reste un pronostic
Qu’un geste sur le Smic soit annoncé le 9 est plausible, mais rien ne l’assure, et sa taille est inconnue. L’écart entre les options est grand : une revalorisation simplement avancée de quelques semaines rapporterait quelques euros par mois ; la CFDT demande 100 euros net, environ 125 euros brut, et la CGT environ 187 euros brut.
| Option | Qui la porte | Ce qu’elle changerait | Obstacles connus |
|---|---|---|---|
| Avancer la revalorisation prévue au 1er janvier | Gouvernement (Lescure) | Une hausse modeste, versée plus tôt | Jugée insuffisante par les syndicats |
| Coup de pouce au-delà de l’inflation | Évoqué par Lescure ; demandé par les syndicats | Une vraie hausse ; aucune depuis 2012 | Opposition du Medef ; emploi selon Farandou ; coût des allègements pour la Sécurité sociale ; coût pour l’État employeur |
| Renégocier les grilles des branches sous le Smic | Emmanuel Macron | Redonne de l’écart entre les échelons, sans hausse du Smic | Dépend des branches et du patronat ; effets lents |
| Hausse du point d’indice des fonctionnaires | Syndicats ; discussions avec David Amiel | Touche tous les fonctionnaires | Budget 2027 rejeté, dépense immédiate |
Sources : LCP ; AFP ; Moneyvox ; Sud Radio.
Pourquoi un rendez-vous maintenant
| Lecture | Qui la formule | Ce qui l’appuie | Ce qui la fragilise |
|---|---|---|---|
| La rue a fait bouger le gouvernement | Syndicats (Binet : « plus vous attendez, plus la facture s’élèvera ») | Conférence annoncée le soir de la plus forte journée de l’automne | Des concertations étaient en cours depuis le 21 octobre |
| Un calendrier de concertation suivi depuis octobre | Gouvernement (Farandou : « premier tour », puis « deuxième ») | Rencontres depuis le 21 octobre ; Farandou visait dès le 29 une convergence « autour du 5 novembre » | Aucune mesure en trois semaines, malgré trois samedis de manifestations |
| Un geste rendu nécessaire par le budget (hypothèse de Facta) | — | Budget rejeté à l’unanimité ; un 49.3 suppose d’éviter la censure, donc des concessions | Aucun responsable n’a lié les deux sujets ; le Smic ne passe pas par le budget |
Les deux premières lectures se recoupent plus qu’elles ne s’opposent. La date du 5 novembre était connue depuis le 21 octobre au plus tard : en calant ses concertations sur elle, le gouvernement suivait déjà le calendrier fixé par les syndicats. Ce que le 9 novembre apportera dira si ce calendrier débouche sur une mesure.
Les hypothèses du 1er novembre à l’épreuve
- « Une mobilisation qui se déplace », des samedis vers la grève : compatible avec le 5, non démontrée (chapitre 03). Le samedi 7 sera le test.
- « La dissuasion touche aussi les pacifiques », c’est-à-dire que les cortèges repoussés en périphérie et le dispositif policier décourageraient aussi les manifestants paisibles : ni confirmée ni infirmée. À Paris, un parcours plus central n’a pas attiré davantage de monde selon les autorités (65 000 contre 70 000), mais la foule du 5 n’était pas celle des samedis.
La suite du calendrier
- Samedi 7 novembre : quatrième samedi, ou « acte IV », de la coordination des gilets jaunes, avec un rassemblement demandé place de la Concorde à Paris, non autorisé à la clôture ; l’Unef appelle aussi à manifester.
- Lundi 9 novembre : conférence sociale à Matignon.
- 20, 21 et 22 novembre : manifestations coordonnées contre la vie chère dans sept pays européens (Belgique, Royaume-Uni, Espagne, France, Grèce, Italie, Portugal), à l’appel de syndicats, dont la CGT et Solidaires, et d’associations pour le logement (AFP).
- 17 décembre : fin du délai constitutionnel d’examen du budget 2027 ; d’ici là, vote du Sénat, puis choix du gouvernement.
11 Bilan de l’enquête
La grève du 5 novembre a été la plus forte journée du mouvement contre la vie chère : 575 000 manifestants selon l’Intérieur, 1,6 million selon la CGT. Après trois samedis en recul, la participation est remontée, un jour de grève consacré aux salaires et appelé par tous les syndicats. Rien ne prouve encore que les manifestants des samedis se soient reportés sur la grève : le samedi 7 le dira mieux. La grève elle-même a été inégale : forte dans l’enseignement selon les syndicats, plus faible selon les ministères, limitée dans le reste de la fonction publique.
Le gouvernement a répondu le soir même par une conférence sociale fixée au 9 novembre. Deux ministres se disent ouverts à une hausse du Smic, qu’il peut décider seul par décret, sans date ni montant. Une hausse coûterait aux employeurs, à la Sécurité sociale par les allègements de cotisations, et à l’État employeur. Les syndicats demandent de 100 euros net (environ 125 euros brut) à 187 euros brut par mois ; le patronat s’y oppose.
Les cortèges ont été tenus loin des centres commerçants à Lyon et à Toulouse, et loin des lieux de pouvoir à Paris, avec l’aval des juges. À Toulouse, un cortège maintenu sur le parcours interdit a été dispersé après des jets de projectiles. Des assignations à résidence fondées sur la loi antiterroriste ont visé des militants avant le 31 octobre ; leur légalité est contestée devant le Conseil d’État.
La journée a été calme dans l’ensemble ; à 18 heures, les interpellations rapportées à la foule étaient du même ordre que le 31 octobre. Il y a eu des affrontements à Lyon, Nantes, Rennes et Marseille, où un CRS a été grièvement blessé, et un lycée a été attaqué près de Toulouse.
Le gazole a baissé comme promis, sans revenir à son niveau d’avant-guerre. Le budget 2027 a été rejeté : les postes promis aux lycées n’ont jamais été votés et la réduction d’impôt pour Limoges est tombée. Le ministre de l’Intérieur a reconnu son « défaut d’anticipation » du 17 octobre. À Limoges, la cour d’appel a maintenu en détention provisoire l’un des deux hommes mis en examen pour l’incendie de la mairie et libéré l’autre sous contrôle judiciaire ; tous deux sont présumés innocents.
Restent ouverts :
- le contenu des annonces du 9 novembre sur le Smic et les salaires ;
- la participation du samedi 7 novembre ;
- le bilan consolidé du 5 novembre et le profil des personnes interpellées ;
- la légalité des assignations à résidence ;
- le sort du budget 2027 et des postes promis aux lycées ;
- les suites de l’enquête sur le cocktail Molotov du 31 octobre.
Panorama médiatique
Corpus du 1er novembre au 6 novembre 2026, 0 h 12 : dépêches de l’AFP reprises par La Gazette France, Sud Radio et CNEWS ; LCP, Public Sénat, franceinfo, France 3 Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, Lyon Mag, Sortiraparis, Sud Radio, CNEWS, Moneyvox, Petite République ; sondage Elabe pour BFMTV via Yahoo Actualités. Le Monde, Le Parisien, Libération, BFMTV et Ouest-France n’ont pas été lus directement ; les constats valent pour ce corpus.
« La plus forte mobilisation de l’automne »
Le soir du 5, tous les médias du corpus mettent en avant la comparaison avec les samedis. L’AFP et CNEWS notent que, « dans les deux cas », chiffres officiels et syndicaux, c’est la plus forte journée de l’automne. Sud Radio titre sur un « succès populaire à travers toute la France ». Aucun média du corpus ne relève que le chiffre parisien des autorités est en léger recul sur le 31 octobre, ni que l’écart entre les deux décomptes atteint un record.
La conférence sociale et le Smic
LCP et Public Sénat publient dans l’heure le communiqué de Matignon et le relient aux demandes de la CFDT et de la CGT. LCP rappelle les règles de revalorisation du Smic et l’absence de coup de pouce depuis 2012. L’AFP écrit que le gouvernement « s’est montré ouvert » à un coup de pouce. Les médias du corpus présentent la conférence comme une première réponse, sans annoncer de décision ; seul un titre de Libération, non lu, parle d’une hausse « attendue ». Aucun ne pose la question du coût pour la Sécurité sociale.
Les violences, surtout lyonnaises
Les violences de Lyon dominent les récits régionaux et les directs. Lyon Mag rapporte à la fois les violences d’un « bloc à risque » contre la police et les coups reçus par de jeunes manifestants ; l’AFP signale les coups de matraque reçus par son photographe. CNEWS met en avant le CRS grièvement blessé à Marseille. L’attribution des violences à « l’ultra-gauche » vient du ministère et est reprise entre guillemets.
Le droit de manifester
Les médias locaux suivent de près les parcours : France 3 Occitanie et Petite République pour Toulouse, Lyon Mag pour Lyon, Sortiraparis pour Paris. Franceinfo consacre une enquête aux assignations à résidence fondées sur la loi antiterroriste, avec avocats, juristes et militants. Le sondage Elabe, repris par BFMTV, montre qu’une majorité de Français soutient à la fois le mouvement (57 %) et l’interdiction des centres-villes (68 %).
La présidentielle dans le cortège
L’AFP et CNEWS racontent l’accueil hostile réservé à Raphaël Glucksmann, candidat social-démocrate à la présidentielle, place de la République, où il est resté bloqué avant de partir. CNEWS parle de 45 minutes, l’AFP de « près d’une heure ». Jean-Luc Mélenchon défilait en tête du cortège parisien.
Erreurs relevées dans le corpus
- LCP, 5 novembre (« Pouvoir d’achat : Sébastien Lecornu réunira syndicats et patronat lundi ») : le Premier ministre « tiendra lundi 9 octobre une “conférence sociale” ». Il s’agit du lundi 9 novembre, comme l’indique le reste de l’article.
- Sud Radio, direct du 5 novembre : le cortège parisien suivrait « un tracé qui relie la République à la Bastille ». Le parcours autorisé allait de la République à la Nation par le boulevard Voltaire.
- Sud Radio, même direct : l’intertitre « 1000 lycées bloqués ou 2,2 % » présente comme une même mesure deux décomptes différents. 2,2 % correspond à 81 lycées bloqués selon le ministère ; le millier est un décompte syndical de lycées bloqués ou fermés. Le texte sous l’intertitre distingue les deux.
Les écarts entre décomptes de manifestants, de grévistes ou de lycées bloqués ne sont pas des erreurs : ils tiennent à des auteurs et des méthodes différents.
Sources et méthode
Démarche
Cet article de suite a été préparé dans la nuit du 5 au 6 novembre 2026. Il part de l’édition du 1er novembre, dont les faits ont été triés avant toute recherche nouvelle : stables, à revérifier, dépassés ou rectifiés. La recherche a porté sur la période du 1er au 6 novembre, 0 h 12, et sur les questions que l’édition précédente laissait ouvertes. Les sources centrales ont été conservées et lues en entier. Les variations, ratios et écarts sont des calculs de Facta.
Rectifications
- Salaires : l’édition du 1er novembre écrivait que, sur les salaires, « rien n’a été annoncé avant la grève du 5 novembre ». C’était exact pour les décisions, mais incomplet. Selon la CFTC, une hausse du Smic avant janvier avait été évoquée à Matignon le 21 octobre ; le Medef s’y opposait le 23 ; Roland Lescure, ministre de l’Économie, la disait « en discussion » le 24 ; Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, la jugeait « pas tabou » le 29 et visait une convergence « autour du 5 novembre » (AFP, via Moneyvox ; Sortiraparis).
Compléments
Ces faits antérieurs au 1er novembre ne figuraient pas dans l’édition précédente, sans en contredire le contenu : le rejet du budget de la Sécurité sociale par l’Assemblée le 23 octobre ; l’opposition du Medef à une hausse anticipée du Smic, le 23 octobre ; l’entretien d’Emmanuel Macron avec HugoDécrypte le 28 octobre ; les assignations à résidence (Micas) prononcées avant le 31 octobre ; la mise à jour du nombre de policiers et gendarmes blessés le 17 octobre (1 144, contre 997 au premier bilan).
Limites
- Bilan du 5 novembre provisoire : il s’arrête à 18 heures ; aucun communiqué du ministère de l’Intérieur n’était publié à la clôture. Les chiffres sont connus par l’AFP et CNEWS. Aucun total national des manifestants blessés.
- Ordonnances non lues : celles des tribunaux administratifs de Paris, Lyon et Toulouse, connues par la presse et la préfecture de la Haute-Garonne.
- Non trouvés : un comptage indépendant de la participation et les méthodes des comptages publiés ; un taux de grève dans le privé ; le profil des personnes interpellées ; le nombre d’assignations à résidence ; le montant du fonds pour les commerçants ; un chiffrage officiel du coût d’un coup de pouce au Smic ; un calcul officiel du seuil de revalorisation automatique ; un appel devant le Conseil d’État contre le parcours parisien du 5.
- Non vérifiés, donc non repris : sept policiers blessés à Pau, une saisine de l’IGPN à Marseille après le 31 octobre, la cagnotte pour la mairie de Limoges (titres de presse seulement).
Références principales
Journée du 5 novembre
- AFP, « Lecornu convoque une conférence sociale après une journée de “colère sociale” », 5 novembre 2026, via La Gazette France. https://www.lagazettefrance.fr/article/nouvelle-etape-dans-la-grogne-sociale-greve-et-manifestations-en-france
- CNEWS, « Manifestations du 5 novembre : 575.000 manifestants dans toute la France, 448 interpellations et 53 policiers blessés, selon Beauvau », direct, 5 novembre 2026. https://www.cnews.fr/france/2026-11-05/manifestations-du-5-novembre-575000-manifestants-dans-toute-la-france-448
- CNEWS, direct du 31 octobre 2026 (bilan de 18 heures : 296 interpellations), consulté pour l’édition précédente.
- Sud Radio, « Mobilisation du 5 novembre : succès populaire à travers toute la France, des blessés à Paris et Lyon », direct, 5 novembre 2026. https://www.sudradio.fr/sud-radio/en-direct-mobilisation-du-5-novembre-premiers-rassemblement-a-paris-et-les-lyceens-deja-au-rendez-vous
- Sortiraparis, « Strike and demonstration in Paris on November 5 », 5 novembre 2026. https://www.sortiraparis.com/en/news/in-paris/articles/354559-protest-and-strike-on-november-5-2026-transport-schools-and-routes-what-to-expect
- Sortiraparis, « Yellow Vests, Act IV, on November 6 and 7 », 5 novembre 2026. https://www.sortiraparis.com/en/news/in-paris/articles/356694-yellow-vests-act-iv-on-november-6-and-7-strike-and-demonstration-what-s-planned-in-paris
- franceinfo, « Mouvement lycéen : les blocages, un point de crispation pour les mobilisés à deux jours de la grève nationale », 3 novembre 2026. https://www.franceinfo.fr/societe/education/blocage-des-lycees/mouvement-lyceen-les-blocages-un-point-de-crispation-pour-les-mobilises-a-deux-jours-de-la-greve-nationale_8266547.html
- AFP, « Bloqué par des manifestants hostiles, Glucksmann quitte la manifestation sans avoir pu défiler », 5 novembre 2026, via La Gazette France. https://www.lagazettefrance.fr/article/bloque-par-des-manifestants-hostiles-glucksmann-quitte-la-manifestation-sans-avoir-pu-defiler
- Lyon Mag, « Manifestation du 5 novembre à Lyon : la préfecture interdit l’arrivée place Bellecour… », 3 novembre 2026. https://www.lyonmag.com/article/154723/manifestation-du-5-novembre-a-lyon-la-prefecture-interdit-l-arrivee-place-bellecour-les-syndicats-menacent-de-saisir-la-justice
- Lyon Mag, « Manifestation du 5 novembre à Lyon : de nombreux manifestants blessés lors d’affrontements avec les forces de l’ordre », direct, 4-5 novembre 2026. https://www.lyonmag.com/article/154749/manifestation-du-5-novembre-a-lyon-de-nombreux-manifestants-blesses-lors-d-affrontements-avec-les-forces-de-l-ordre
- Lyon Mag, « Manifestation à Lyon : 40 blessés, 24 interpellations et des commerces dégradés après une journée de violences », 5 novembre 2026. https://www.lyonmag.com/article/154762/manifestation-a-lyon-40-blesses-24-interpellations-et-des-commerces-degrades-apres-une-journee-de-violences
- France 3 Occitanie, « Manifestations du 5 novembre à Toulouse : 21800 manifestants au plus fort de la mobilisation, un lycée en partie incendié, plusieurs interpellations », direct, 5 novembre 2026. https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/direct-manifestations-du-5-novembre-a-toulouse-parcours-transports-perturbes-ecoles-fermees-lycees-et-facs-bloques-3444825.html
- Petite République, « Toulouse : Parcours de la manifestation du 5 novembre : Requête des syndicats rejetée », 5 novembre 2026. https://www.petiterepublique.com/2026/11/05/toulouse-parcours-de-la-manifestation-du-5-novembre-requete-des-syndicats-rejetee/
- Elabe pour BFMTV, sondage du 4 novembre 2026, via Yahoo Actualités. https://fr.news.yahoo.com/sondage-bfmtv-dun-fran%C3%A7ais-deux-155123794.html
Salaires et budget
- LCP, « Pouvoir d’achat : Sébastien Lecornu réunira syndicats et patronat lundi pour “apporter des réponses” », 5 novembre 2026. https://lcp.fr/actualites/pouvoir-d-achat-sebastien-lecornu-reunira-syndicats-et-patronat-lundi-pour-apporter-des
- Public Sénat, « Manifestation du 5 novembre : Sébastien Lecornu annonce “une conférence sociale” avec les syndicats et le patronat, lundi », 5 novembre 2026. https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/manifestation-du-5-novembre-sebastien-lecornu-annonce-une-conference-sociale-avec-les-syndicats-et-le-patronat-lundi
- LCP, « À quel niveau augmenter le Smic, et quand ? “Les deux sujets sont sur la table” pour Roland Lescure », 4 novembre 2026. https://lcp.fr/actualites/a-quel-niveau-augmenter-le-smic-et-quand-les-deux-sujets-sont-sur-la-table-pour-roland
- Moneyvox (AFP), « Hausse anticipée du Smic : les dernières déclarations du ministre du Travail Jean-Pierre Farandou », 29 octobre 2026. https://www.moneyvox.fr/votre-argent/actualites/111023/hausse-anticipee-du-smic-les-dernieres-declarations-du-ministre-du-travail-jean-pierre-farandou
- Moneyvox (AFP), « Bas salaires : Farandou envisage une “réforme de fond” des allègements de charges », 7 octobre 2026. https://www.moneyvox.fr/votre-argent/actualites/110700/bas-salaires-farandou-envisage-une-reforme-de-fond-des-allegements-de-charges
- LCP, « “Indigeste”, “sans cohérence”, “contradictoire” : le projet de budget 2027, largement modifié lors des débats, fait l’unanimité contre lui », 5 novembre 2026. https://lcp.fr/actualites/indigeste-sans-coherence-contradictoire-le-projet-de-budget-2027-largement-modifie-lors
- LCP, « Budget 2027 rejeté : quelles sont les prochaines étapes au Parlement ? », 4-5 novembre 2026. https://lcp.fr/actualites/budget-2027-rejete-quelles-sont-les-prochaines-etapes-au-parlement-444753
- NosParlementaires, « Postes d’enseignants 2027 : le gouvernement recule au collège et au lycée, pas à l’école », mis à jour le 5 novembre 2026. https://nosparlementaires.fr/actualites/postes-enseignants-suppressions-commissions-contre-49-3-budget-2027
Maintien de l’ordre, justice, Parlement
- Ministère de l’Intérieur, « Bilan de la journée de mobilisation du 31 octobre 2026 et de la soirée d’Halloween », communiqué, 1er novembre 2026. https://www.interieur.gouv.fr/actualites/communiques-de-presse/bilan-de-journee-de-mobilisation-du-31-octobre-2026-et-de-soiree-dhalloween
- AFP, « Jet de cocktail Molotov sur des gendarmes à Paris : enquête ouverte pour “tentative d’homicide” », 1er novembre 2026, via Sud Radio. https://www.sudradio.fr/societe/jet-de-cocktail-molotov-sur-des-gendarmes-a-paris-enquete-ouverte-pour-tentative-dhomicide
- LCP, « 17 octobre : Laurent Nuñez reconnaît “un échec” et “un défaut d’anticipation” », 3 novembre 2026. https://lcp.fr/actualites/17-octobre-laurent-nunez-reconnait-un-echec-et-un-defaut-d-anticipation-qui-ne-se-reduit
- LCP, « “Nous avons été livrés aux casseurs” : devant les députés, les commerçants évoquent leur “solitude” », 4 novembre 2026. https://lcp.fr/actualites/nous-avons-ete-livres-aux-casseurs-devant-les-deputes-les-commercants-evoquent-leur
- franceinfo, « “On dénonce ces outils de lutte contre le terrorisme” : pourquoi les assignations à résidence prononcées contre des manifestants font polémique », novembre 2026. https://www.franceinfo.fr/economie/greve/on-denonce-ces-outils-de-lutte-contre-le-terrorisme-pourquoi-les-assignations-a-residence-prononcees-contre-des-manifestants-font-polemique_8266007.html
- AFP, « Mairie incendiée : entre vivats et tensions, les suspects dénoncent un “dossier vide” », 3 novembre 2026, via Sud Radio. https://www.sudradio.fr/societe/mairie-incendiee-entre-vivats-et-tensions-les-suspects-denoncent-un-dossier-vide
- France 3 Nouvelle-Aquitaine, « Incendie de la mairie de Limoges : un suspect maintenu en détention provisoire, le deuxième remis en liberté sous contrôle judiciaire », 5 novembre 2026. Adresse non reproduite : elle contient le nom d’un suspect.
Carburants et Europe
- AFP, « Carburants : la baisse des prix du gazole atteint 15 centimes en moyenne, selon Roland Lescure », 4 novembre 2026, via Sud Radio. https://www.sudradio.fr/societe/carburants-la-baisse-des-prix-du-gazole-atteint-15-centimes-en-moyenne-selon-roland-lescure
- JeChange, « 12 à 18 centimes de moins : le décret gazole vend 5 % d’une année de consommation à prix coûtant jusqu’au 31 janvier », octobre 2026. https://www.jechange.fr/energie/electricite/news/gazole-baisse-12-18-centimes-decret-stocks-5-pourcent-consommation-31-janvier
- prix-carburant.eu, « Prix des carburants en France ce jeudi 5 novembre 2026 ». https://prix-carburant.eu/article/prix-carburants-2026-11-05
- Yahoo Actualités, « Vie chère : des syndicats et associations appellent à manifester dans sept pays européens fin novembre », 3 novembre 2026. https://fr.news.yahoo.com/sport/vie-ch%C3%A8re-syndicats-associations-appellent-213736125.html
Éditions précédentes : « Manifestations du 31 octobre 2026 : un troisième samedi en recul, des cortèges éloignés des centres-villes, un mouvement tourné vers le 5 novembre », Facta, 1er novembre 2026. https://factamundi.com/articles/manifestations-31-octobre-2026/ ; « Manifestations des 17 et 24 octobre 2026 », Facta, 27 octobre 2026. https://factamundi.com/articles/manifestations-17-24-octobre-2026/



